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Imaginez que vous payiez 200 $ par mois pour l'accès à Internet à domicile (sans câble ni téléphone) et que votre vitesse reste lente ou quasi nulle. C'est ce qui se produit lorsque votre accès en ligne repose sur des satellites, même pour envoyer des courriels à un voisin ou pour accéder à du contenu produit dans votre propre communauté. Malheureusement, c'est la réalité de beaucoup de gens dans le nord du Canada.

La période de demande pour le Programme d’investissement communautaire de l’ACEI est maintenant ouverte, et les organisations peuvent demander une subvention pour soutenir des projets abordant des questions telles que la cybersécurité, la littératie numérique et l’infrastructure Internet.

Cette année, nous sommes particulièrement à la recherche de projets visant à aider les communautés du Nord, rurales et autochtones du Canada. 

Pour explorer les enjeux se rapportant à la fracture numérique dans le nord du Canada, j’ai parlé l’année dernière à Madeleine Redfern, ancienne mairesse d’Iqaluit et présidente de la Nuvujaq Society, une société à but non lucratif qui milite pour une meilleure connectivité dans les régions et les communautés autochtones, nordiques, rurales et éloignées.

L'infrastructure est la clé de la performance et de la cybersécurité

La capitale du Nunavut, Iqaluit, représente 25 % de la population du territoire et utilise 75 % de la large bande du territoire. Iqaluit dépend de services Internet par satellite lents qui entravent le développement économique du territoire et le fonctionnement du gouvernement.

À l’heure actuelle, il n’y a pas de réseau interconnecté à Iqaluit, ce qui signifie que chaque fois qu’une personne a besoin d’accéder à Internet, même localement, le trafic doit se connecter au satellite, ce qui est coûteux et inefficace.

Madeleine Redfern a travaillé avec différents ordres de gouvernement, l'ACEI et l'Internet Society du Canada afin de déterminer les moyens d'améliorer l'abordabilité et l'accessibilité de l'Internet au Nunavut. En examinant différentes options permettant d'améliorer l'Internet à Iqaluit, elle a déclaré : « il est devenu évident qu'un point d'échange Internet était une option susceptible de fournir à notre communauté une grande valeur ajoutée ».  

Une solution sur laquelle les parties prenantes ont travaillé a été le développement d’un point d’échange Internet (IXP). Un IXP est une plaque tournante où des réseaux indépendants peuvent s’interconnecter directement et améliorer la performance, la sécurité et la résilience d’Internet au sein de la communauté locale. Un IXP permettrait donc aux réseaux de rester dans la communauté en améliorant la vitesse et en rendant Internet à domicile plus abordable.

Madeleine avait déclaré qu’il était devenu évident qu’un point d’échange Internet était une option susceptible de fournir à notre communauté une grande valeur ajoutée.

 « Nous vivons dans un monde numérique, et le fait de ne pas avoir ces outils numériques limite sérieusement notre région et notre capacité à suivre le rythme et à faire partie de solutions innovantes. De très nombreuses recherches sont menées dans l'Arctique. Il pourrait y en avoir beaucoup plus si nous avions un accès et une analyse numériques plus étendus », a déclaré Mme Redfern.  

M. Latour fait également remarquer la valeur de la cybersécurité : « Un des avantages les plus importants, selon moi, est la sécurité. De nombreuses personnes qui vivent dans ces collectivités ne mettent pas leurs logiciels et appareils à jour régulièrement, comme peut le faire un habitant d'Ottawa ou de Vancouver. Comme ces opérations sont coûteuses et prennent beaucoup de temps, ils choisissent de passer une mise à jour et d'attendre la suivante, ou peuvent même sauter les mises à jour pendant des mois. Cette façon de faire les places dans une situation très risquée par rapport à des intervenants malveillants. »

C'est pourquoi des projets comme les PEI et d'autres initiatives visant à améliorer l'infrastructure Internet et l'accès à Internet dans la région arctique auront une incidence sociale considérable sur la communauté.

Subventions offertes dans le cadre du Programme d’investissement communautaire

Le Programme d’investissement communautaire de l’ACEI finance les projets qui font le bien, pour l’Internet canadien et par son entremise. L’infrastructure et la cybersécurité représentent deux des secteurs de financement clés, et l’ACEI est particulièrement à la recherche de projets mettant sur pied des services de connectivité dans les communautés régionales, rurales, éloignées ou desservies.

Depuis 2014, l’ACEI a soutenu 151 projets d’un bout à l’autre du pays. Voici quelques projets qu’elle a financés qui se concentraient sur les territoires canadiens du Nord : 

  • Littératie numérique dans les Territoires du Nord-Ouest —Le Gwich'in Tribal Council et les chercheurs de l’Université de l’Alberta ont créé des ressources pour intégrer et encourager le processus décisionnel des citoyens sur le déploiement de bande large dans les Territoires du Nord-Ouest.
     
  • Réseau maillé mobile – Plusieurs communautés autochtones ont un accès limité aux services Internet. Ce projet d’infrastructure a été conçu pour répondre à ce problème en créant une plateforme de réseau maillé dans la communauté de Rigolet à Nunatsiavut, au Labrador.  
     
  • Technologie visant à conserver l’histoire inuite —La Kitikmeot Heritage Society a mis en place une méthode pour cataloguer en ligne l’histoire et le savoir inuit sur la 5e expédition de Thulé au Nunavut.
     
  • Enseignement immersif dans les communautés autochtones éloignées — Grâce à la technologie des vidéocommunications bidirectionnelles, Connected North a été en mesure de mener des séances d’enseignement interactives telles que des visites au musée et des présentations de chefs, d’astronautes, de joueurs de hockey et plus encore. Cette initiative a touché tous les autochtones des trois territoires ainsi que les communautés du Nord en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba et en Ontario.

L’ACEI accepte toutes les demandes de subventions pour les projets Internet entre le 15 janvier et le 25 février 2020 et accorde une priorité aux projets représentant les régions desservies partout au pays, incluant le Nord canadien.

Apprenez-en davantage sur la manière de demander une subvention à cira.ca/subventions.