Aller au contenu principal

Par Samantha McAleese, associée de recherche chez HabiloMédias et David Fowler, vice-président en marketing et communications de l’ACEI.


Si vous êtes parent, vous devez avoir l’impression que vos enfants sont sur une nouvelle application ou plateforme comme TikTok chaque semaine. Le temps que vous prenez à comprendre l’application et à vous assurer que la confidentialité et la sécurité de vos enfants sont respectées, ils sont déjà passés à une nouvelle.

Tenter de suivre les activités que font les jeunes en ligne n’est pas un nouveau défi. Des organismes comme HabiloMédias effectuent des recherches sur la manière dont les jeunes utilisent Internet et les nouvelles technologies depuis 2000. Mais qu’est-ce qui a le plus changé au cours des dernières années?

Dans le plus récent rapport d’HabiloMédias, Discuter avec les jeunes et les parents de la résilience numérique financé par l’ACEI, l’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet, présente les résultats recueillis de groupes échantillon représentant les jeunes et les parents. Certains parents peuvent être étonnés de constater à quel point les enfants sont au courant des avantages et des pièges associés à l’emploi de la technologie. Les jeunes, souvent appelés « enfants du numérique », sont avertis et connectés, mais naviguer à travers l’univers numérique en constante évolution demeure délicat par moment, même pour eux. Ils ont besoin d’être soutenus et guidés par des adultes dans leur vie.

Notre étude démontre qu’Internet a modifié le comportement des jeunes de multiples manières. Celles-ci peuvent être regroupées en trois thèmes généraux dans notre rapport :

Les jeunes d’aujourd’hui partagent les mêmes inquiétudes que leurs parents en ce qui a trait à la surutilisation de la technologie numérique et comment elle peut être une trop grande distraction.

Cela dit, les parents croient que leurs enfants n’ont pas la discipline nécessaire pour limiter le temps qu’ils passent devant un écran et décident d’imposer des règles pour résoudre ce problème. Cela cause des désaccords entre les deux parties, ce qui crée une source importante de frustration (vous avez probablement l’habitude de ces situations si vous avez un adolescent à la maison).

 

Les jeunes tentent de s’éloigner des stéréotypes sur leur usage de la technologie numérique.

Alors que les adultes s’inquiètent des effets que les écrans ont sur les relations humaines, la réponse des jeunes est bien intéressante : ils reconnaissent que les médias sociaux sont très pratiques pour garder contact et partager des faits drôles ou intéressants, mais que plusieurs utilisent les applications et les plateformes en ligne pour organiser des sorties et voir leurs amis en personne.
 

Une préférence maintenue pour les interactions en face à face ne se limite pas qu’aux relations humaines. Même dans les salles de classe, les élèves accordent une grande importance aux « explications humaines » ainsi qu’aux interactions et au soutien qu’ils reçoivent de leurs professeurs.

 

La plupart des jeunes que nous avons rencontrés exprimaient qu’une constante surveillance de leurs appareils numériques, autant à l’école qu’à la maison, était « bizarre. »

Et la plupart des jeunes souhaitaient que leurs parents et leurs professeurs aient davantage confiance en leurs aptitudes à utiliser de façon sécuritaire la technologie numérique. Bien qu’ils comprennent leur crainte à propos du monde virtuel, les mesures de surveillance qu’ils mettent en place sont étouffantes; ils ne peuvent pas se servir de la technologie pour s’exprimer avec créativité et s’engager dans leur communauté. Ces restrictions nuisent également au développement des jeunes, car elles leur empêchent de faire des erreurs et d’apprendre de celles-ci (et empêchent par le fait même les jeunes de demander conseil à leurs parents pour trouver une solution).

 

Il ne s’agit que de quelques exemples des types de différences qui existent entre les points de vue des enfants et des adultes sur l’emploi de la technologie. Ce qui est clair, cependant, c’est que la présence de nouvelles technologies numériques dans nos vies est une question d’équilibre, de confiance et de soutien. Encourager des discussions ouvertes entre parents et enfants sur les sujets comme la cyberintimidation, la haine en ligne, la mésinformation et les enjeux de confidentialité jouent un rôle vital dans le maintien de cet équilibre. Ces conversations initiales nous montrent également que nous avons beaucoup à apprendre des jeunes sur la manière dont nous pouvons les aider à devenir des utilisateurs d’Internet résilients dans le futur.

 

Alors que la prochaine phase du projet de recherche comprendra un sondage recensant 5 000 étudiants de partout au Canada, HabiloMédias continuera d’approcher les jeunes et leur entourage pour leur offrir l’occasion de donner leur opinion sur le monde numérique et de partager leurs stratégies pour tirer profit de la technologie et éviter ses pièges. Nous devons continuer d’écouter les jeunes. Ils sont dans une position unique pour instruire les adultes sur le monde virtuel et comment ceux-ci peuvent se servir de ces avantages au maximum.


Samantha McAleese est coauteure du rapport Discuter avec les jeunes et les parents de la résilience numérique et est également associée de recherche chez HabiloMédias, le centre de la littératie numérique et médiatique à but non lucratif du Canada.

David Fowler est le vice-président en marketing et communications de l’ACEI, l’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet, où améliorer la littératie numérique des jeunes canadiens est une priorité absolue.
 

David Fowler

David apporte à l’ensemble des activités de marketing des produits, de communication d’entreprise et de relations communautaires de l’ACEI une profusion d’expérience du leadership stratégique, de la réalisation de programmes et de l’établissement de partenariats. C’est en 2008 qu’il est entré au service de l’ACEI en qualité de directeur du marketing et des communications. Depuis, au fil de la croissance et de la transformation de l’organisation, son rôle s’est enrichi de responsabilités plus vastes et stratégiques. David a joué un rôle essentiel dans le positionnement de l’ACEI et du domaine .CA sur le marché. En effet, il a élaboré des programmes de marketing grâce auxquels le .CA demeure l’un des domaines de premier niveau traditionnels dont la croissance est la plus rapide dans le monde, résistant à la tendance au sein de l’industrie. Il a aussi supervisé la mise en œuvre du Programme d’investissement communautaire de l’ACEI, son programme phare, qui remet chaque année un million de dollars à des organismes communautaires sans but lucratif ou à des établissements de recherche dont les projets renforcent Internet au Canada. 

Au-delà de l’ACEI, David s’investit dans le secteur mondial des domaines à titre de vice-président du groupe de travail sur le marketing du CENTR ainsi qu’en qualité de membre du conseil de HabiloMédias, un organisme offrant des ressources éducatives conçues pour améliorer la littératie numérique à l’échelle canadienne.

Avant son arrivée à l’ACEI, David occupait le poste de directeur du marketing de la Monnaie royale canadienne où il a mis en œuvre de nouvelles stratégies de marketing qui ont impulsé la croissance, notamment le programme de la monnaie olympique de 2010. En matière de marketing, David a aussi assumé des responsabilités croissantes à la Société canadienne des postes, de même que dans le secteur privé au service de marques mondiales, dont La Compagnie Quaker Oats, RBC et Calvin Klein.