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En avril, les vitesses de téléchargement en aval en milieu rural étaient pratiquement 12 fois plus lentes qu’en milieu urbain au Canada

Le 8 mai 2020 – Ottawa – Les nouvelles données publiées par l’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet (ACEI) révèlent des écarts de vitesse considérables de l’Internet en milieu rural par rapport aux régions urbaines au Canada. Les données ont été recueillies dans le cadre du test de performance Internet de l’ACEI et soumises hier à la consultation du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) portant sur les obstacles au déploiement de la large bande en milieu rural. Le communiqué d’aujourd’hui s’inscrit dans la lignée d’une promesse de Maryam Monsef, ministre du Développement économique rural dans le but d’accélérer la distribution du financement de la large bande en milieu rural.

Les données témoignent de l’écart massif des vitesses réelles et mesurées de l’Internet que connaissent les foyers canadiens dans les régions rurales et urbaines. En avril, par exemple, les vitesses de téléchargement dont bénéficiaient les Canadiens en milieu rural étaient pratiquement 12 fois plus lentes qu’en région urbaine. Depuis qu’a débuté la pandémie de COVID-19, les vitesses de l’Internet ont chuté pour les utilisateurs ruraux et augmenté pour les utilisateurs urbains, augmentant ainsi réellement l’écart numérique qu’on connaît au Canada.

Principales constatations

  • En avril, la vitesse de téléchargement en aval en milieu rural atteignait 3,78 Mbps comparativement à 44,09 Mbps dans les régions urbaines au pays – une différence de 11,7 fois (figure 1).
  • Depuis qu’a débuté la pandémie de COVID-19, les vitesses médianes ont continué de chuter pour les utilisateurs en milieu rural. Les vitesses de téléchargement en aval se situent habituellement entre 4 et 7 Mbps. Depuis février, les vitesses ont chuté à 3,78 Mbps (figure 2).
  • En réalité, les vitesses ont augmenté en milieu urbain depuis le début de la pandémie de COVID-19, atteignant ainsi un plafond annuel de 44,09 Mbps en avril (figure 3). Alors que les utilisateurs de l’Internet dans les villes ont souvent la possibilité de mettre leur service à niveau, les options sont limitées pour la plupart des utilisateurs en milieu rural.
  • Les vitesses de téléchargement en amont des Canadiens en milieu rural sont en moyenne dix fois plus lentes qu’en milieu urbain. Les vitesses de téléchargement rapides en amont sont essentielles pour la vidéoconférence, le stockage en nuage et d’autres applications de productivité populaires qu’utilisent les Canadiens dans le cadre de leur travail ou de leur apprentissage à la maison.
  • De façon générale, sur la période de 12 mois, les vitesses médianes de téléchargement combinées en aval et en amont pour les Canadiens habitant en milieu rural et en milieu urbain étaient de 17,56 Mbps en aval et de 6,69 Mbps en amont. Il est possible de comparer ces vitesses à ce qu’elles sont dans d’autres pays au moyen de l’explorateur de visualisation de M-Lab.

Les résultats reposent sur les données d’essai compilées entre mai 2019 et avril 2020, soit un total de 86 706 essais en milieu urbain et 31 734 essais en milieu rural. Vous pouvez consulter l’intégralité de notre présentation au CRTC en cliquant ici.

L’ACEI s’est associée à Innovation, Sciences et Développement économique Canada afin de recueillir des données d’essai du monde réel pour aider ainsi le gouvernement à maximiser son investissement dans la large bande en milieu rural et à déterminer les endroits où les besoins sont les plus grands. Les Canadiens peuvent contribuer à promouvoir un Internet plus rapide pour tous en effectuant le test de performance Internet de l’ACEI sur le site à l'adresse performance.cira.ca.

Figures et graphiques


Figure 1 : Le clivage rural-urbain de l’Internet


Figure 2 : Vitesses médianes de téléchargement en amont et en aval en milieu rural à l'échelle nationale par mois

 


Figure 3 : Vitesses médianes de l’Internet en milieu urbain à l'échelle nationale par mois

Citation de la direction

« La pandémie de COVID-19 est venue souligner l'importance d’un accès à l’Internet de qualité pour tous les Canadiens. Malgré tout, l’accès à l’Internet à large bande reste hors de portée pour un trop grand nombre de Canadiens – en particulier dans les régions mal desservies. Il est évident que les Canadiens se retrouvent maintenant confrontés à d’importants défis sur le plan de la connectivité et qu’ils espèrent que tous les intervenants de l'industrie passeront à l’action afin d’atteindre l’objectif 50/10 du CRTC. Les données que nous avons publiées témoignent de l’écart considérable entre les vitesses dont bénéficient les Canadiens en milieux rural et urbain – un écart qui semble encore plus grand dans l’actuel contexte de distanciation sociale et de télétravail. Nous applaudissons l'engagement qu’a pris le gouvernement pour aider à réduire cet écart que présente la large bande et nous sommes impatients d’aider la ministre Monsef et ses collègues à brancher tous les Canadiens le plus tôt possible. »

- Dave Chiswell, vice-président du développement du produit de l’ACEI

Au sujet du test de performance de l’Internet de l’ACEI

Le test de performance Internet de l’ACEI est l’un des tests les plus évolués en matière de vitesse et de qualité de l’Internet. De plus, l’intérêt public constitue son fondement absolu. Les nœuds tests sont situés aux points d’échange Internet dans les villes canadiennes de niveau 1 plutôt que dans l’architecture de réseau d’un FSI. Cela permet à l’ACEI de mesurer la performance réelle d’une connexion Internet, conformément aux conditions du réseau, ce qui reflète fidèlement l’expérience vécue par les internautes canadiens. Pour évaluer votre performance Internet, nous faisons appel à un test de diagnostic réseau nommé Network Diagnostic Test (NDT), qui est fourni par M-Lab. Cette plate-forme permet aux Canadiens de mesurer la qualité de leurs connexions Internet – incluant les paramètres de vitesse, de latence, de gigue et de perte de paquets. Les Canadiens ont effectué au-delà de 640 000 tests sur la plate-forme depuis le mois de mai 2015. Entre autres, différentes communautés au pays, dont la ville de Burlington, le comté Pictou, la Nouvelle-Écosse et Kelowna en C.-B. ont également eu recours au TPI de l’ACEI pour évaluer la qualité de la connectivité à large bande dans leurs régions.

Au sujet de l’ACEI

L’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet (ACEI) apprécie la possibilité de commenter les obstacles possibles au déploiement de réseaux qui ont accès à un système à large bande dans les régions mal desservies du Canada. L’ACEI est un organisme à but non lucratif constitué de membres mieux connus pour gérer le nom de domaine Internet de niveau supérieur .CA au nom de tous les Canadiens. Alors que le mandat premier de l’ACEI concerne l'exploitation sûre, stable et sécuritaire du domaine .CA et des technologies sous-jacentes, l'organisation s’occupe également de brancher, de protéger et d’impliquer la communauté Internet au Canada et ailleurs en offrant des services de registre, de DNS et de cybersécurité de qualité supérieure.