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La Kitikmeot Heritage Society du Nunavut met en œuvre des techniques cartographiques évoluées afin de créer des archives accessibles de l'histoire autochtone 

Campbridge Bay, Nunavut, 20 avril 2016. – La Kitikmeot Heritage Society lance aujourd'hui le Fifth Thule Atlas (l'Atlas de la 5e expédition de Thulé), une plateforme numérique où sont colligés les renseignements ethnographiques recueillis par les premiers explorateurs de l'Arctique pour les rendre aux populations inuites avant d'être perdus à jamais.

L'Atlas constitue une démarche innovante de la cybercartographie, alliant diverses formes de connaissances géolocalisées pour tracer l'histoire inuite ainsi que garder en mémoire les artefacts et les noms des lieux. Il a été mis au point en tenant compte précisément de la démarche qu'adoptent les Inuits en matière d'apprentissage, de conservation et de dissémination des connaissances culturelles. Ses exigences sont plus faibles en bande passante, de sorte que les communautés du Nord et les collectivités vivant en région éloignée puissent y accéder sans difficulté.

Les connaissances inuites traditionnelles ont été recueillies pour la première fois par des explorateurs danois 

Entre 1921 et 1924, dans le cadre d'une expédition danoise au Canada, soit la 5e expédition de Thulé, dirigée par l'anthropologue Knud Rasmussen maîtrisant l'inuktitut, les connaissances des sociétés traditionnelles inuites ont été consignées de manière exhaustive pour la première fois. Alors qu'à bord de traîneaux à chiens, l'équipe de Rasmussen sillonnait le Groenland et l'Alaska, une grande quantité de renseignements sur les traditions orales, les noms de lieux et les langues a été recueillie. L'équipe est aussi revenue munie de cartes tracées par des Inuits, de photographies et d'objets ethnographiques qu'elle a mis à profit afin de formuler des hypothèses sur les origines du peuple et de documenter ce qu'elle a rapidement assimilé à un style de vie traditionnel en voie de disparition à court terme. Bien que certains renseignements sélectionnés aient été publiés, l'ensemble des objets ethnographiques, des notes prises sur le terrain et des registres de l'expédition reste inédit et engrangé dans des archives danoises et des collections muséales.

La collaboration mondiale ramène l'histoire canadienne à la maison 

Ce projet a été entrepris par la communauté inuite, avec le soutien de la Kitikmeot Heritage Society. En partenariat avec le centre de recherche en géomatique et en cartographie (Geomatics and Cartographic Research Centre, GCRC) de l'Université Carleton et le Musée national du Danemark, le groupe a élaboré cette banque numérique de connaissances. En recourant au cadre Nunaliit du GCRC, l'Atlas permet aux internautes de naviguer au cœur des connaissances inuites en adoptant une démarche plurielle reposant sur l'espace physique, les rapports écrits, l'imagerie multimédia et la vidéo.

La première étape des travaux consacrés à l'Atlas est maintenant terminée, mais ce n'est qu'un début. Il a été conçu pour présenter des connaissances au sujet des Inuits du cuivre de l'Arctique central, l'un des quatre groupes inuits régionaux rencontrés au cours de l'expédition menée par Rasmussen. Au fil des années à venir, l'Atlas prendra de l'ampleur pour traiter d'autres groupes inuits régionaux en incorporant un éventail de médias. Des numérisations 3D d'artefacts, des dessins et des cartes numérisés ainsi que des notes prises sur le terrain, le tout étant actuellement conservé dans des archives à l'échelle du Danemark, y seront intégrés.

Le projet a été soutenu par le ministère de la Culture, de la Langue, des Aînés et de la Jeunesse du gouvernement du Nunavut, le Programme d'investissement communautaire de l'Autorité canadienne pour les enregistrements Internet et le Conseil de recherches en sciences humaines. 

Pour obtenir plus d'information, veuillez communiquer avec :

  • Pam Gross, directrice générale de la Kitikmeot Heritage Society
    [email protected]
  • Darren Keith, chercheur principal et chef de projet, à la Kitikmeot Heritage Society
    [email protected]
  • Amos Hayes, chef de projet, Geomatics and Cartographic Research Centre, Université Carleton
    [email protected]

À propos de la Kitikmeot Heritage Society

Dirigée par des bénévoles, la Kitikmeot Heritage Society est un organisme de bienfaisance dont le conseil d'administration est élu et le personnel est issu de la communauté de Cambridge Bay. Les administrateurs sont pour la plupart des aînés de la collectivité. Pour en apprendre davantage, veuillez visiter kitikmeotheritage.ca ou facebook.com/KitikmeotHeritage.

À propos du Programme d'investissement communautaire de l'Autorité canadienne pour les enregistrements Internet (ACEI)

Par l'entremise de son Programme d'investissement communautaire, l'ACEI finance des projets qui témoignent de la possibilité de bâtir un meilleur Canada en ligne. L'équipe de l'ACEI gère le domaine de premier niveau du Canada au nom de l'ensemble de sa population. En qualité d'organisation fondée sur ses membres, l'ACEI se fait la porte-parole des intérêts de la communauté des internautes canadiens sur la scène internationale.

Au sujet du Geomatics and Cartographic Research Centre (GCRC) de l'Université Carleton

La recherche du GCRC se concentre sur l'application du traitement et de la gestion de l'information géographique à l'analyse de questions socio-économiques d'intérêt pour la société, et ce, de l'échelle locale à l'échelle internationale, de même que sur la présentation des résultats sous des formes cartographiques nouvelles et innovantes. La cybercartographie est un nouveau type de cartographie en ligne multimédia, multisensorielle et interactive. Ses principaux produits consistent en des atlas cybercatographiques recourant au lieu comme principe d'organisation premier. Ces atlas constituent des trames narratives d'une variété de perspectives différentes et comprennent tant de l'information quantitative que qualitative.