Pendant des années, les forfaits Internet se sont vendus en fonction de la vitesse offerte et rien d’autre. Les chiffres élevés étaient faciles à mettre en lumière et simples à comparer. Mais la plupart des gens ne calculent pas leur vie en Mbps. Ce qui leur importe, c’est que leur connexion fonctionne quand il le faut, que leurs fichiers soient envoyés, que leurs appels vidéo soient clairs et que la diffusion en continu ne soit pas interrompue aux heures de pointe.
C’est là toute la différence entre la vitesse et la performance Internet.
Le test de performance Internet (TPI) de CIRA, lancé en 2015, visait à l’origine à aider la population canadienne à vérifier la vitesse tout en contribuant à un ensemble de données publiques. Cependant, à mesure que notre quotidien s’est de plus en plus orienté vers des applications en temps réel, comme les appels vidéo, les jeux multijoueurs et les salles de classe virtuelles, la notion de « bonne connexion Internet » a pris une dimension bien plus large que les simples vitesses de téléchargement et de téléversement.
Nos outils de mesure ont donc dû évoluer eux aussi.
Le véritable atout, c’est la fiabilité
Maintenant que les services à large bande ont atteint leur maturité, l’accent n’est plus mis sur la « vitesse théorique », mais sur la « performance réelle ». Ce n’est plus seulement une question de temps exploitable du réseau, mais aussi de savoir si la performance reste stable aux heures de pointe, si le Wi-Fi fonctionne dans toute la maison et si les pannes sont résolues rapidement. C’est cette constance au quotidien qui assure la satisfaction de la clientèle.
La qualité des services à large bande modernes dépend de plus en plus d’indicateurs de fiabilité concrets, tels que la latence (retard), la gigue (variation du retard) et la perte de paquets (données qui n’arrivent jamais à destination). Ce ne sont pas là des termes techniques abstraits, mais bien les différences concrètes qui se manifestent au quotidien entre un appel fluide et un appel saccadé, entre une connexion stable et une connexion qui « ne semble pas bien fonctionner », même lorsque les chiffres de débit semblent corrects.
Les nouvelles fonctionnalités de mesure visent également à mettre en évidence les tendances au fil du temps grâce à des tests automatisés récurrents, afin de montrer l’évolution de la performance tout au long de la journée. Il ne s’agit pas seulement d’un instantané ponctuel, mais d’une fiabilité continue.
Les exigences en matière de rapports se sont également élargies
Ce ne sont pas seulement les attentes des consommateur·rices qui ont évolué. Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) accorde une attention accrue à la qualité et à la résilience des services. Il exige non seulement des fournisseurs qu’ils signalent les pannes majeures, mais surveille également certains indicateurs de qualité de service.
Ces indicateurs font partie de l’objectif de service universel du CRTC, bien qu’ils soient parfois négligés. En effet, les débits de 50 Mbps en téléchargement et de 10 Mbps en téléversement font souvent la manchette, mais le Conseil a également fixé des objectifs concernant les seuils maximaux de latence, de gigue et de perte de paquets.
Vers quoi nous dirigeons-nous?
Alors que nous célébrons plus d’une décennie d’existence du TPI, le fait de ne plus se contenter de mesurer la vitesse, mais d’évaluer également la qualité, marque une évolution importante dans notre façon de réfléchir à l’Internet.
Une connexion plus rapide est toujours appréciable, mais c’est la combinaison de vitesse et de fiabilité qui détermine si une connexion répond véritablement aux besoins de la clientèle.
Grâce aux innovations du TPI, comme la mesure de la latence, de la gigue et de la perte de paquets, ainsi que les tests automatisés, la population canadienne peut désormais obtenir une image nuancée et réaliste de la qualité de sa connexion Internet. En d’autres termes, la science de la performance Internet gagne en maturité, garantissant ainsi qu’un Internet rapide est aussi synonyme d’un « bon Internet » pour tout le monde.
Avec plus de 1,7 million de tests effectués à ce jour, nous contribuons tous et toutes à une meilleure compréhension de nos réseaux, ouvrant ainsi la voie à une expérience Internet plus fiable et plus accessible au Canada.
Cet article est le troisième d’une série en cinq parties célébrant les dix ans du TPI. Dans nos prochains articles, nous continuerons d’explorer les tendances en matière de large bande, de mettre en lumière les réussites des communautés et d’examiner l’avenir de la mesure de l’Internet au Canada.
Jeff est le responsable du programme de test de performance Internet (TPI). Le TPI est le test de qualité Internet le plus avancé au Canada qui offre un accès public aux résultats de performance. Jeff est un ardent défenseur de la manière dont les données, cartes et rapports du TPI peuvent aider les parties prenantes à identifier les zones à accès limité, à améliorer les décisions de financement, à évaluer le succès des projets financés et à le faire avec un degré élevé de granularité géographique.